Skip to main content

Ma plongée au parc Molinière : une aventure sous-marine unique

statue parc Moliniere granada 1

Le soleil se lève doucement sur les eaux turquoise de Grenade. Depuis l’annexe du catamaran de mes parents, nous filons vers le parc Molinière. Ce matin, nous sommes seuls au monde. La baie semble encore endormie, l’air est chargé de sel et de promesses d’aventure. Le moteur ronronne doucement, et autour de nous, il n’y a que l’océan cristallin, vibrant de reflets dorés. Je sens l’excitation monter, comme à chaque plongée. Ce lieu n’a pas d’équivalent ailleurs. En 2015, il est unique, précurseur, bien avant que l’idée de statues sous-marines ne s’éparpille dans d’autres eaux claires du globe, comme celles de Quintana Roo.

Un musée à ciel ouvert, ou plutôt sous-marin

En 2001, l’artiste Jason deCaires Taylor a disposé ses sculptures au fond de l’eau et c’est seulement en 2011 que ce musée aquatique a commencé à être entretenu au même titre que la réserve sous-marine. Les sculptures retracent l’histoire et la culture des habitants de Grenade. L’œuvre phare est une ronde d’hommes et de femmes se tenant par la main, représentant l’unicité d’un peuple issu des colonisations.

En glissant sous la surface, l’univers change immédiatement. Tout devient plus lent, plus serein, comme si le temps lui-même se diluait. Les sculptures émergent peu à peu, tapissées de coraux et d’éponges, habitées par des bancs de poissons colorés qui semblent jouer à cache-cache.

La première œuvre que je croise est la célèbre ronde d’hommes et de femmes. Ils se tiennent par la main, formant un cercle parfait sur le sable. Leurs corps sont robustes, leurs visages graves, figés dans une danse silencieuse. Cette œuvre, un hommage à l’histoire de l’île, raconte les luttes et la résilience d’un peuple, unis par leurs liens.

Un peu plus loin, un homme est assis à son bureau. Sa machine à écrire est toujours là, mais le papier, lui, a été remplacé par des algues dansantes. Plus loin, je distingue un cycliste figé en plein mouvement, son vélo englouti par les coraux, comme s’il roulait à travers les siècles. Chaque sculpture semble raconter une histoire unique, un fragment de vie transformé par l’art et sublimé par la nature.

statue parc Moliniere granada 2

Crédit photos : Statues du parc sous-marin de Grenade francetvinfo 

Un écosystème vibrant

Les statues ne sont pas seulement des œuvres d’art ; elles sont vivantes. Les coraux se sont appropriés chaque recoin, transformant le béton en récifs multicolores. Je suis fascinée par la symbiose entre l’art et la nature. Un poisson-perroquet, flamboyant de couleurs, passe devant moi, me jetant un coup d’œil curieux. Un banc de petits poissons argentés ondule autour des sculptures, créant une chorégraphie hypnotique. Chaque mouvement, chaque reflet de lumière amplifie la magie du lieu.

Un accès privilégié et abordable

Ce qui me frappe, c’est la simplicité de l’accès. En 2015, le droit d’entrée est dérisoire : environ 70 centimes d’euros par personne, une somme symbolique pour préserver ce trésor. Si vous avez un bateau privé, il suffit de jeter l’ancre dans la baie. Pas besoin de guides ou de grandes explications. Ici, la mer parle pour elle-même.

En snorkeling, équipé de palmes et d’un masque, on peut déjà admirer une grande partie des œuvres. Mais si vous êtes plongeur, les perspectives changent à mesure que vous descendez. La lumière devient plus douce, les détails des statues plus intenses. Un véritable musée interactif, où chaque immersion révèle quelque chose de nouveau.

Un moment hors du temps

Je refais surface, le cœur battant encore d’émotion. Autour de moi, le silence est rompu par le clapotis des vagues contre l’annexe. Je m’accroche au bord du bateau, regardant une dernière fois ces ombres mystérieuses sous l’eau. Ici, tout semble immobile, mais je sais que la vie foisonne. Les coraux continuent de grandir, les poissons de circuler, et les sculptures, elles, restent là, témoins silencieux de l’histoire de Grenade.

Ce lieu est plus qu’un site de plongée. C’est une rencontre avec le passé, une ode à la résilience et à la créativité. Chaque sculpture, chaque bulle d’air qui remonte à la surface me rappelle pourquoi je ne me lasserai jamais de l’océan. Si vous cherchez un endroit où l’art, la nature et l’histoire se rencontrent, le parc Molinière est une plongée qui restera gravée en vous.

PS : « Les photos qui illustrent cet article ont été trouvées sur le web, car en 2015, je ne disposais que de ma GoPro avec laquelle j’ai filmé cette expérience magique, mais sans prendre de photos. »